• De HEC à Alter Eco

  • Difficile de croiser Tristan Lecomte à Paris. La majorité de son temps, il le passe entre la Thaïlande et Accra, Lima, les Philippines, Ouagadougou, le Brésil... Voyager a toujours été primordial pour lui. Une carrière derrière les vitres fumées d’une tour de la Défense ? Non merci. Lui se voyait plutôt travailler dans un complexe hôtelier. Les choses ne devaient pourtant pas non plus se dérouler ainsi.

    Tristan Lecomte - Alter Eco

    1996, il termine HEC. Pour son stage de fin d’études, il postule chez Accor. Sa candidature n’est pas retenue. Il rejoint alors Lancôme pour faire du contrôle de gestion, à Neuilly. L’Oréal, la maison-mère, lui offre la possibilité d’effectuer son service civil en Corée du Sud. Il y reste 16 mois avant de revenir dans l’Hexagone pour un poste d’auditeur interne. Un mois sur deux en mission à l’étranger. « J’ai tenu six mois, le mois à l’étranger, c’était parfait, confie-t-il avec malice, le mois suivant, je m’ennuyais. J’ai donc démissionné ». Il décide alors d’aider Solidarité France Népal, l’association qu’il a créée en 1994, lors de son premier stage à HEC. « Tout a démarré avec ce stage. Au lieu de rejoindre un grand groupe, je voulais faire de l‘humanitaire. Avec deux amis, l’un étudiant à l’Icam, l’autre à Nanterre, nous avons fondé Solidarité France Népal. Le projet était de construire des fours moins consommateurs de bois pour lutter contre la déforestation. » Deux mois passés dans les villages népalais et l’association est lancée. Chaque année, des étudiants d’HEC et d’ailleurs la font fonctionner. « Elle avait cependant du mal à décoller. Pour la soutenir et aider d’autres structures à démarrer, j’ai souhaité créer un pôle associatif, qui récolterait des fonds en faisant du commerce équitable. » Son nom : Alter Eco.

    « Militantisme jubilatoire »

    La première boutique ouvre ses portes à Paris, à proximité de Bastille, en novembre 1998. Dix ans plus tard, l’entreprise emploie quarante cinq salariés, elle a affiché un chiffre d’affaires de 19,2 millions d’euros en 2007 et travaille avec près de 150 000 producteurs dans 29 pays. Alter Eco est devenue un acteur incontournable du commerce équitable. Pour le consommateur, le label représente la garantie d’acheter responsable. « C’est important d’avoir un rôle sociétal quand on est chef d’entreprise ? » « C’est Fondamental. C’est ce qui me rend heureux. Nous appelons ça le "militantisme jubilatoire", l’idée que l’on peut se faire du bien en changeant les choses. » Le regard pétille, le sourire est enfantin, spontané. « Vous voulez un morceau de chocolat ? C’est le chocolat parfait : non seulement il a bon goût, il n’est fabriqué qu’à partir de produits bio, sans conservateur ni lécithine, mais en plus, nous avons compensé l’émission de CO2 nécessaire à sa fabrication par un programme de reforestation en Amazonie péruvienne, d’où il provient. » Engagé Tristan Lecomte ? Sans aucun doute. « Free Palestine », imprimé sur son tee-shirt kaki en témoigne. « J’ai toujours soutenu la cause palestinienne, de même que la cause tibétaine. La souveraineté alimentaire, le commerce équitable vont de pair avec la défense des peuples opprimés. » En 1994, Tristan Lecomte a choisi de faire un stage « utile ». Près de quinze ans après le leitmotiv n’a pas changé…

    Isabelle Fagotat

    Pour en savoir plus :

    le site d’Alter Eco : http://www.altereco.com

    le blog de Tristan Lecomte : http://tristanlecomte.altereco.com

    le site de l’association Solidarité France Népal : http://assos.efrei.fr/sfn

  • Commentaires sur l'article :

  • De HEC à Alter Eco posté le 20 juin 2009 par Timothée

    Salut Tristan,

    Je suis le mari d’Aurélie Gallet (Hec 96) que tu as vu en entretien pour un poste marketing chez A Eco. Je suis diplômé de l’ESCP en 96, j’ai rejoins Kraft puis l’Oréal comme chef de produit, puis j’ai eu envie d’un rôle plus societal dans l’entreprise et je suis passé en Ressources Humaines. Je poursuis ce travail sur moi, j’ai été très touché par ton intervention sur France 2 aux côtés de Yann AB. Je cherche un nouvel élan à ma carrière..pourquoi pas DRH chez Alter Eco ? J’ai aussi travaillé dans l’humanitaire (asso pour handicapés, sport sans frontières...) écris moi un email, on peut boire un café un de ces jours ?


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